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— jusqu’où ma connaissance de la vie est courte, comparée à ce que j’aurais pu apprendre si j’avais marché plus fidèlement dans la lumière qui m’avait été départie, dépasse ma conjecture ou ma confession. Mais comme je n’ai jamais écrit pour mon propre plaisir ou pour ma renommée, j’ai été préservé, comme les hommes qui écrivent ainsi le seront toujours, des erreurs dangereuses pour les autres[1], et les expressions fragmentaires de sentiments ou les expositions de doctrines, que, de temps en temps, j’ai été capable de donner, apparaîtront maintenant à un lecteur attentif, comme se reliant à un système général d’interprétation de la littérature sacrée, à la fois classique et chrétienne, qui le rendra capable, sans injustice, de sympathiser avec la foi des âmes candides de tous temps et de tous pays.

53. Qu’il y ait une littérature sacrée classique, suivant un cours parallèle à celle des Hébreux et venant s’unir aux légendes symboliques de la chrétienté au moyen âge[2], c’est un fait qui apparaît de la manière la plus tendre et la plus expressive dans l’influence indépendante et cependant similaire de Virgile sur le Dante et l’évêque Gawaine Douglas. À des dates plus anciennes, l’enseignement de chaque maître formé dans les écoles de l’Orient était nécessairement greffé sur la

  1. Cf. : « Comme j’ai beaucoup aimé — et non dans des fins égoïstes — la lumière du matin est encore visible pour moi sur ces collines, et vous, qui me lisez, vous pouvez croire en mes pensées et en mes paroles, en les livres que j’écrirai pour vous, et vous serez heureux ensuite de m’avoir cru » (The Queen of the air, iii). — (Note du Traducteur.)
  2. Cf. : « Tout grand symbole et oracle du Paganisme est encore compris au moyen âge et au porche d’Avallon qui est du xiie siècle, on voit d’un côté Hérodias et sa fille et de l’autre Nessus et Dejanire (Verona and other Lectures : IV, Mending of the Sieve, § 14). — (Note du Traducteur.)