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qu’il peut être rendu dans sa langue natale, on peut affirmer et démontrer que, quoique mêlé d’un mystère qu’on ne nous demande pas d’éclaircir ou de difficultés que nous serions insolents de vouloir résoudre, il contient l’enseignement véritable pour les hommes de tout rang et de toute situation dans la vie, enseignement grâce auquel, autant qu’ils y obéissent honnêtement et implicitement, ils seront heureux et innocents dans la pleine puissance de leur nature, et capables de triompher de toutes les adversités, qu’elles résident dans la tentation ou dans la douleur.

50. En effet le Psautier seul, qui pratiquement fut le livre d’offices de l’Église pendant bien des siècles, contient, simplement dans sa première moitié, la somme de la sagesse individuelle et sociale. Les Ier VIIIe, XIIe, XVe, XIXe, XXIIIe et XXIVe psaumes bien appris et crus sont assez pour toute direction personnelle ; les XLVIIIe,

    excepté l’action du Saint-Esprit dans l’âme de chacun, ne pourrait nous sauver, et prêcher quoi que ce soit hormis cela était simplement abuser les simples et les crédules de la manière la plus terrible.

    « Il serait déloyal de critiquer un discours d’après un si court extrait, mais nous devons exprimer notre conviction à savoir que c’est l’obéissance du Christ jusqu’à la mort, la mort sur la croix, bien plutôt que l’action du Saint-Esprit en nous, qui constitue la bonne nouvelle pour les pécheurs. — Ed. »

    En regard de ce morceau éditorial de la presse théologique moderne en Angleterre, je placerai simplement le 4e, 6e et 13e versets des Romains (en mettant en italique les expressions qui sont d’une plus haute importance et qui sont toujours négligées) : « afin que la justice de la LOI soit accomplie en nous, qui marchons non selon la chair mais selon l’esprit… Car avoir l’esprit tourné aux choses de la chair, c’est la mort, mais aux choses de l’esprit, c’est la vie, et la paix… Car, si vous vivez pour la chair, vous mourrez ; mais, si c’est par l’esprit que vous mortifiez les actes du corps, vous vivrez. »

    Il serait bon pour la chrétienté que le service baptismal appliquât ce qu’il fait profession d’abjurer. — (Note de l’Auteur.)