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que leur adressait directement leur créateur et qui, — renfermant tout ce qu’il était nécessaire pour eux d’apprendre de ses desseins à leur égard, — leur commandait, ou conseillait, avec une autorité divine et une infaillible sagesse ce qui était pour eux le meilleur à faire et le plus heureux à souhaiter.

41. Et c’est seulement à ceux-là qui ont obéi sincèrement à la loi de dire jusqu’où l’espérance qui leur a été donnée par le dispensateur de la loi a été réalisée. Les pires « enfants de désobéissance[1] » sont ceux qui acceptent de la parole ce qu’ils aiment et rejettent ce qu’ils haïssent ; cette perversité n’est pas toujours consciente chez eux, car la plus grande partie des péchés de l’Église a été engendrée en elle par l’enthousiasme qui dans la méditation et la défense passionnée de parties de l’Écriture facilement saisies, a négligé l’étude et finalement détruit l’équilibre du reste. Quelles formes revêt et quel chemin suit l’esprit d’opiniâtreté avant qu’il arrive à forcer le sens des Écritures pour la perdition d’un homme ? Ceci est à examiner pour ceux qui ont la charge des consciences, pas pour nous. L’histoire que nous avons à apprendre doit absolument être tenue en dehors d’un tel débat, et l’influence de la Bible observée exclusivement sur ceux qui reçoivent la parole avec joie et lui obéissent en vérité.

42. Il y a toujours eu cependant une plus grande difficulté à apprécier l’influence de la Bible qu’à distinguer les lecteurs honnêtes des lecteurs de mauvaise foi. La prise du christianisme sur les âmes des hommes

  1. Saint Paul, Éphésiens, ii, 2, et v, 6 ; — Colossiens, iii, 6. — (Note du Traducteur.)