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un sujet de doute et de controverse que de savoir si un homme qui sincèrement reconnaissait Jésus comme le Messie mais qui continuait à observer la loi de Moise pouvait espérer le salut[1] ». « Pendant que d’un autre côté les plus instruits et les plus riches de ceux qui avaient le nom de chrétiens, désignés généralement par l’appellation de « sachant » (Gnostique), avaient plus insidieusement effacé l’autorité des évangélistes en se séparant pendant le cours du iiie siècle « en plus de cinquante sectes distinctes dont on peut faire le compte, et donnèrent naissance à une multitude d’ouvrages dans lesquels les actes et les discours du Christ et de ses apôtres étaient adaptés à leurs doctrines respectives[2]. »

Ce serait une tâche d’une difficulté très grande et sans profit que de déterminer dans quelle mesure le consentement de l’Église générale et dans quelle mesure la vie et l’influence de Jérôme contribuèrent à fixer dans leur harmonie et dans leur majesté restées depuis intactes, les canons des Écritures Mosaïque et Apostolique. Tout ce que le jeune lecteur a besoin de savoir c’est que, quand Jérôme mourut à Bethléem, ce grand fait était virtuellement accompli ; et les suites de livres historiques et didactiques qui forment notre Bible actuelle (en comptant les apocryphes) régnèrent dès lors sur la pensée naissante des plus nobles races des hommes qui aient vécu sur le globe, comme un message

  1. Gibbon, chap. xv (ii, 277).
  2. Ibid., ii, 283. — Son expression « les plus instruits et les plus riches » doit être retenue comme confirmation de ce fait qui apparaît éternellement dans le christianisme que des cerveaux modestes dans leurs conceptions, et des vies peu soucieuses du gain sont les plus aptes à recevoir ce qu’il y a d’éternel dans les principes chrétiens. — (Note de l’Auteur.)