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Baltique ou en descendant la côte rocheuse ouest ; et la pression des glaces sibériennes et russes amène simplement les races réellement mémorables à un plus haut degré de concentration, et les pétrit en masses exploratrices rendues par la nécessite plus farouches.

Mais par ces masses exploratrices, de vraie naissance européenne, notre propre histoire fut façonnée pour toujours ; et par conséquent, ces deux fleuves frontière et barrière devront être marqués sur votre carte avec une clarté extrême : la Vistule, avec Varsovie à cheval sur elle à la moitié de son cours, qui se jette, dans la Baltique, le Dniester, dans l’Euxin, le cours de chacun d’eux mesurant en ligne droite une distance égale à celle d’Édimbourg à Londres. Et si on tient compte des méandres[1], la Vistule, 600 milles, le Dniester, 500[2] ; mis bout à bout ils forment un fossé de 1.000 milles entre l’Europe et le désert, allant de Dantzick à Odessa.

11. Votre Europe ainsi enfermée par ce fossé dans un espace clair et distinct, vous aurez ensuite à fixer les frontières qui séparent les quatre contrées gothiques, la Bretagne, la Gaule, la Germanie et la Dacie, des

  1. Remarquez, toutefois, que généralement, la force d’une rivière, ceteris paribus, doit être estimée d’après son cours direct, les plaines (qui donnent presque toujours naissance aux méandres) ne pouvant leur apporter aucun affluent. (Note de l’Auteur.)
  2. Les considérations sur la Vistule et le Dniester, fleuves-fossés de l’Europe, sont reprises dans Candida Casa (§ 22), quatrième conférence du recueil Vérona et premier chapitre de Valle Crucis. Valle Crucis devait prendre place dans nos Nos Pères nous ont dit. Du reste cette partie de Candida Casa rappelle beaucoup par ses vues historiques et géographiques et par les citations ironiques de Gibbon le chapitre du Drachenfels. — (Note du Traducteur.)