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Norvège et de Sibérie des nations tranquillement sédentaires de Bretagne, de Gaule, de Germanie et de Dacie.

Fixez maintenant cette division dans votre esprit d’une manière définitive en dessinant même grossièrement le cours de deux fleuves, auxquels habituellement pensent peu les géographes, mais qui sont d’une indicible importance dans l’histoire de l’humanité, la Vistule et le Dniester.

10. Ils prennent leur source à trente milles l’un de l’autre[1] et chacun coule, ses trois cents milles (sans compter les détours) — la Vistule au nord-ouest, le Dniester au sud-est ; les deux ensemble coupent l’Europe au cou pour ainsi dire et séparent, pour examiner la chose d’une manière plus profonde, l’Europe proprement dite (celle même d’Europe et de Jupiter) le petit fragment éducable, civilisable, et d’une mentalité plus ou moins raisonnable du globe, — du grand désert moscovite, tant Cis-Ouralien que Trans-Ouralien ; l’espace chaotique que nous ne pouvons concevoir, occupé depuis des temps indéterminés et sans histoire par des Scythes, des Tartares, des Huns, des Cosaques, des Ours, des Hermines et des Mammouths, avec une épaisseur variable de peau, un engourdissement variable du cerveau et des souffrances diverses selon qu’ils étaient sédentaires ou errants. Aucune histoire valant la peine d’être retracée ne s’y rattache ; car la force de la Scandinavie n’a jamais cherché son issue par l’isthme de Finlande, mais a toujours navigué à grand renfort de barques et de rames à travers la

  1. En prenant la San, bras de la Vistule supérieure. — (Note de l’Auteur.)