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CHAPITRE III

LE DOMPTEUR DE LIONS


1. On a souvent proclamé dans ces derniers temps, comme une découverte toute nouvelle, que l’homme est un produit des circonstances, et on appelle avec insistance notre attention sur ce fait, dans l’espoir, si séduisant aux yeux de certaines personnes, de pouvoir résoudre en une succession de clapotements dans la boue ou de tourbillons de l’air, les circonstances responsables de sa création. Mais le fait plus important que sa nature ne dépend pas comme celle d’un moustique des brouillards d’un marais, ni comme celle d’une taupe des éboulements d’un terrier, mais a été dotée de sens pour discerner, et d’instinct pour adopter les conditions qui lui feront tirer de sa vie le meilleur parti possible est très nécessairement ignoré par les philosophes qui proposent à l’humanité, comme un bel accomplissement de ses destinées, une vie alimentée par le bavardage scientifique dans une cave éclairée par des étincelles électriques, chauffée par des conduites de vapeur, où le drainage est confié à des rivières enfouies, et que l’entremise de races moins