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tenant à son oncle et à ses sujets qu’ils pourraient rencontrer sur la route ».

51. Le fait n’est pas raconté, habituellement, dans les dicts ou les actes des saints ; mais punir les rois en détruisant les propriétés de leurs sujets est un usage de guerre trop accepté aujourd’hui pour permettre à notre indignation d’être bien vive contre Clotilde qui agissait sous l’empire de la douleur et de la colère. Les années de sa jeunesse ne nous sont pas racontées : Clovis avait déjà vingt-sept ans et avait pendant trois ans maintenu la foi de ses ancêtres contre toute l’influence de sa reine.

52. A. D. 496. — Je n’ai pas dans le chapitre du début attaché tout à fait assez d’importance à la bataille de Tolbiac, m’en occupant simplement en tant qu’elle obligeait les Alamans à repasser le Rhin, et établissait la puissance des Francs sur sa rive occidentale. Mais des résultats infiniment plus vastes sont indiqués dans la courte phrase par laquelle Gibbon clôt son récit de la bataille. « Après la conquête des provinces de l’ouest, les Francs seuls gardèrent leurs anciennes possessions d’au delà du Rhin. Ils soumirent et civilisèrent graduellement les peuples dont ils avaient brisé la résistance jusqu’à l’Elbe et aux montagnes de Bohème ; et la paix de l’Europe fut assurée par la soumission de la Germanie. »

53. Car, dans le sud, Théodoric avait déjà « remis le sabre au fourreau dans l’orgueil de sa victoire et la vigueur de son âge et son règne qui continue pendant trente-trois ans fut consacré aux devoirs du gouvernement civil ». Même quand son beau-fils Alaric périt de la main de Clovis à la bataille de Poitiers, Théodoric se contenta d’arrêter la puissance des Francs à Arles,