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du Christ, dont il songeait plutôt à venger qu’à imiter la passion ; et la crainte que les autres rois francs lui succèdent, ou par envie du vaste royaume qu’il avait agrandi l’attaquent et le détrônent, pouvait facilement lui apparaître comme inspirée non par un danger personnel, mais par le retour possible de la nation tout entière à l’idolâtrie. De plus, dans les derniers temps, sa foi dans la protection divine accordée à sa cause avait été ébranlée par la défaite que les Ostrogoths lui avaient infligée devant Arles, et le léopard franc n’avait pas assez complètement perdu ses taches[1] pour abandonner à un ennemi l’occasion du premier bond.

48. Pour en finir, et nous plaçant au-dessus de ces questions de personnes, les diverses formes de la cruauté et de la ruse — la première, remarquez-le, provenant beaucoup d’un mépris de la souffrance qui était une condition d’honneur pour les femmes aussi bien que pour les hommes, — sont dans ces races barbares toujours fondées sur leur amour de la gloire dans la guerre ; ce qui ne peut être compris qu’en se rapportant à ce qui reste de ces mêmes caractères dans les castes les plus élevées des Indiens de l’Amérique du Nord ; et, avant d’exposer clairement pour finir les événements

    murs d’Angoulême, après la bataille de Poitiers, passent pour être tombés aux sons des trompettes de Clovis. « Un miracle, dit Gibbon, qui peut être réduit à la supposition que quelque ingénieur clérical aura secrètement ruiné les fondations du rempart. » Je ne puis trop souvent mettre nos honnêtes lecteurs en garde contre l’habitude moderne de réduire toute histoire quelconque à la « supposition que », etc. La légende est, sans doute, l’expansion naturelle et fidèle d’une métaphore. — (Note de l’Auteur.)

  1. Allusion, me dit Robert d’Humières, à ce proverbe anglais : « L’Éthiopien ne peut changer sa peau ni le léopard ses taches. » — (Note du Traducteur.)