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blement « libre » que seuls le Roi et la famille royale y pouvaient porter leur chevelure comme il leur plaisait. Les rois portaient la leur en boucles flottantes sur le dos et les épaules, les reines en tresses ondulantes jusqu’à leurs pieds, mais tout le reste de la nation était obligé par la loi ou l’usage de se raser la partie postérieure de la tête, de porter ses cheveux courts sur le front, et de se contenter de l’ornement de deux petites whiskers[1].

37. Moustaches, veut dire M. Gibbon j’imagine, et je me permets de supposer aussi que les nobles et leurs femmes pouvaient porter leurs tresses et leurs boucles comme il leur convenait. Mais, de nouveau, il nous ouvre un jour inattendu et gênant sur les institutions démocratiques des Francs en nous apprenant « que les différents commerces, les travaux de l’agriculture et les arts de la chasse et de la pêche étaient exercés par des mains serviles pour un salaire du souverain ».

« Servile et salaire » toutefois, quoiqu’ils donnent d’abord l’idée terrible d’un ordre de choses injuste ne sont que les expressions Miltono-Gibboniennes du fait général que les rois francs avaient des laboureurs dans leurs champs, employaient des tisserands et des forgerons pour faire leurs vêtements et leurs épées, chassaient avec des veneurs, au faucon avec des faucon-

  1. Cf. Val d’Arno à propos d’une statue de la cathédrale de Chartres et d’une peinture de l’abbaye de Westminster : « À Chartres et à Westminster… le plus haut rang a pour signe distinctif la chevelure flottante, etc. Si vous ne savez pas lire ces symboles vous n’avez plus devant vous qu’une figure raide et sans intérêt » (Val d’Arno, viii, 212). Il y a là, d’ailleurs, bien d’autres choses que cela — et qu’on peut aimer sans savoir lire ces symboles — dans ces statues de Chartres. Et Ruskin l’a lui-même montré dans des pages admirables (les Deux sentiers, I, 33 et suivants) que j’ai citées plus loin, pages 260, 261 et 262, en note. — (Note du Traducteur.)