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s’affirmer d’abord, en vertu d’un principe inné, se soumettre ensuite en vue des tâches futures.

34. Les deux principales armes, voilà tout ce que nous connaissons jusqu’ici du Franc salien ; pourtant sa silhouette commence à se dessiner pour nous dans le brouillard du Brocken, portant la lance légère qui deviendra le javelot ; mais la hache, son arme de bûcheron, est lourde ; — pour des raisons économiques, comme la rareté du fer, c’est l’arme préférable à toutes, donnant la plus grande force d’impulsion et la plus grande puissance de choc avec la plus petite quantité de métal, et le travail de forge le plus sommaire. Gibbon leur donne aussi une « pesante » épée, suspendue à un « large » ceinturon ; mais les épithètes de Gibbon sont toujours données gratis[1], et l’épée à ceinturon, quelle que fut sa mesure, était probablement destinée aux chefs seulement ; le ceinturon, lui-même en or, celui-là même qui distinguait les comtes romains et sans aucun doute adopté, à leur exemple, par les chefs francs alliés ; prenant par la suite la signification symbolique que lui donne saint Paul[2] de ceinturon de vérité ; enfin, l’emblème principal de l’Ordre de la Chevalerie.

  1. C’est, pour Ruskin, la caractéristique des mauvais écrivains Cf. « N’ayez jamais la pensée que Milton emploie ces épithètes pour remplir son vers, comme ferait un écrivain vide. Il a besoin de toutes, et de pas une de plus que celles-ci. » (Sesame and Liles, of King Treasuries, 21). Voir également plus loin. — (Note du Traducteur.)
  2. Allusion à l’Épître aux Éphésiens : « Ayez à vos reins la vérité pour ceinture » (Saint Paul, Épître aux Éphésiens, vi, 14). Saint Paul ne fait, d’ailleurs, ici, que reprendre une image d’Isaïe. « Et la justice sera la ceinture de ses reins » (Isaïe, ix, 5). Voir aussi saint Pierre : « Venez donc, ayant ceint les reins de votre esprit. » (Ire Épître, i, 13.) — (Note du Traducteur.)