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des Français pour lequel on aurait adopté et réuni deux mots gaulois ensemble, Phere-Encos qui signifie « Porte-Lance » (Brandit-Lance, pourrions-nous peut-être nous risquer à traduire), une arme plus légère que la pique commençant ici à s’agiter dans les mains de leur chevalerie et Fere-Encos devenant assez vite dans le langage parlé « Francos » ; — une dérivation certes à ne pas accepter, mais à cause de l’idée qu’elle donne de l’arme elle vaut qu’on y prête attention de même qu’à la suivante : parmi les armes des anciens Français, au-dessus et à côté de la lance, il y avait la hache d’arme qu’ils appelaient anchon, et qui existe encore aujourd’hui dans beaucoup de provinces de France où on l’appelle un achon ; ils s’en aidaient à la guerre en le jetant au loin sur l’ennemi dans le seul but de le mettre à découvert et pour fendre son bouclier. Cet achon était dardé avec une telle violence qu’il pourfendait le bouclier, forçait son possesseur à abaisser le bras et ainsi le laissait découvert et désarmé et permettait de le surprendre plus facilement et plus vite. Il paraît que cette arme était proprement et spécialement l’arme du soldat français, aussi bien à pied qu’à cheval. Pour cette raison, on l’appelait Franciscus. Francisca, securis oblonga, quam Franci librabant in hostes. Car le cavalier, outre son bouclier et sa francisca (arme commune, comme nous l’avons dit, au fantassin et au cavalier), avait aussi la lance ; lorsqu’elle était brisée et ne pouvait plus servir, il portait la main sur sa francisca, sur l’usage de laquelle nous renseigne l’archevêque de Tours, dans son second livre, chapitre xxvii. »

33. Il est agréable de voir avec quel respect les leçons de l’archevêque de Tours étaient écoutées par