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aux pieds, et préfèrent jeûner à cheval que festoyer au repos, cette peur enfantine d’être mis dans le coin, et ce besoin continuel d’avoir quelque chose à faire, tout cela doit être considéré par nous avec une sympathie étonnée dans toutes ses conséquences quelquefois éblouissantes, mais trop souvent malheureuses et désastreuses pour la nation elle-même aussi bien que pour ses voisins.

30. Et cette activité que nous, lourds mangeurs de bœufs que nous sommes, nous avions l’habitude, avant que la science moderne nous eût enseigné que nous n’étions nous-mêmes rien de mieux que des babouins, de comparer discourtoisement à celle des tribus plus vives des singes, fit en réalité une si grande impression sur les Hollandais (quand pour la première fois l’irrigation franque donna quelque mouvement et quelque courant à leurs marais) que les plus anciennes armoiries dans lesquelles nous trouvions un blason rappelant la puissance franque, paraissent avoir été l’œuvre d’un Hollandais qui voulait en donner une représentation dédaigneusement satirique.

« Car, dit un très ingénieux historien, M. André Favine, « Parisien et avocat à la Haute-Cour du Parlement français en l’an 1626 », ces peuples qui bordaient la Sala appelés « Salts » par les Allemagnes, furent à leur descente dans les pays hollandais appelés par les Romains « Francs Saliques » (d’où la future loi « Salique », remarquez-le) et par abréviation « Salii », apparemment du verbe salire, c’est-à-dire « saulter », « sauter » (et dans l’avenir par conséquent dûment aussi danser — d’une manière incomparable), être « vif et agile du pied, bien sauter et monter, qualités tout particulièrement requises chez ceux qui habitent des lieux