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rênes de votre fleuve, vous pouvez dessiner assez facilement pour votre usage personnel la partie plus éloignée de son cours allant au nord en ligne droite, vers la mer du Nord. Et tracez-le d’un trait énergique sur votre esquisse de la carte d’Europe, après la frontière de la Vistule, laissant de côté l’Elbe pour un temps. Pour le moment, vous pouvez tenir tout l’espace compris entre le Weser et la Vistule (au nord des montagnes) pour sauvage et barbare (Saxon et Goth) ; mais donnez passage à la source des Francs à Waldeck et vous les verrez graduellement mais rapidement remplir tout l’espace entre le Weser et les Bouches du Rhin et, écumeux dans les montagnes, se répandre en une nappe plus tranquille sur les Pays-Bas, où leur errante vie forestière et pastorale trouve enfin à s’endiguer dans la culture des champs de boue, et oublie dans la brume glacée qui flotte sur la mer l’éclat du soleil sur les rochers de basalte.

27. Sur quoi nous aussi devons-nous arrêter pour nous endiguer quelque peu ; et avant toute autre chose, voir ce que nous pouvons comprendre à ce nom de Francs relativement auquel Gibbon nous dit de son ton le plus doux de sérénité morale satisfaite : « L’amour de la liberté était la passion maîtresse de ces Germains. Ils méritèrent, ils prirent, ils gardèrent l’épithète honorable de Francs, ou hommes libres. » Il ne nous dit pas toutefois en quelle langue de l’époque (Chaucien, Sicambrien, Chamave ou Catte) « Franc » a jamais signifié Libre ; et je ne puis moi-même découvrir à quelle langue, de quelque temps que ce soit, ce mot appartient d’abord ; mais je ne doute pas que Miss Yonge (Histoire des Noms Chrétiens, articles sur Frey et Frank) ne donne la vraie racine quand elle parle de ce qu’elle