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que du Drachenfels[1] et de ses six frères Fels, se dirigeant de l’est au nord, court et s’étend une troupe éparpillée de petits rochers noueux, de mystérieuses crêtes qui surplombent, sourcilleuses, des vallées bordées de petits bois, où un torrent met tantôt sa fureur et tantôt sa mélodie ; les crêtes, la plupart couronnées de châteaux par la piété chrétienne des vieux âges dans des buts lointains ou chimériques ; les vallées résonnant du bruit des bucherons, et creusées par les mineurs, habitées sous la terre par les gnomes et dessus par les génies sylvestres et autres. Le pays entier agrafant rocher par rocher, rattachant de vallon en vallon pendant quelque 150 milles (avec des intervalles) la montagne du Dragon, au-dessus du Rhin à la montagne Résine, le « Harz », encore obscur aujourd’hui, vers le sud des terrains foulés par les noirs Brunswickois, de réalité corporelle indiscutable ; anciennement obscurci par la forêt « Hercynienne » (haie ou barrière) d’où par corruption Harz, où se trouve aujourd’hui le Harz ou la forêt Résine, hantée de sombres forestiers, de souche au moins résineuse, pour ne pas dire sulfureuse.

21. Cent cinquante milles de l’est à l’ouest, disons moitié autant du nord au sud, environ dix mille milles carrés en tout de montagnes métallifères, conifères et fantomifères, fluidifiées et diffluant pour nous, au moyen âge et dans les temps modernes, en l’huile la plus essentielle de térébenthine, et cette myrrhe, ou cet encens, de l’imagination et du caractère que produit naturellement la Germanie et dont l’huile de térébenthine est le symbole. Je songe particulièrement au développement

  1. Voir le Childe Harold de Byron. — (Note du Traducteur.)