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II

NOTRE-DAME D’AMIENS

SELON RUSKIN[1]


Je voudrais donner au lecteur le désir et le moyen d’aller passer une journée à Amiens en une sorte de pèlerinage ruskinien. Ce n’était pas la peine de commencer par lui demander d’aller à Florence ou à Venise quand Ruskin a écrit sur Amiens tout un livre[2]. Et, d’autre part, il me semble que c’est ainsi que doit être célébré le « culte des Héros », je veux dire en esprit et en vérité. Nous visitons le lieu où un grand homme est né et le lieu où il est mort ; mais les lieux qu’il admirait entre tous, dont c’est la beauté même


  1. Cette partie de l’Introduction était dédiée dans le Mercure de France, où elle parut d’abord sous forme d’article, à M. Léon Daudet. Je suis heureux de pouvoir lui renouveler ici le témoignage de ma reconnaissance profonde et de mon admirative amitié.
  2. Voici, selon M. Collingwood, les circonstances dans lesquelles Ruskin écrivit ce livre :

    « M. Ruskin n’avait pas été à l’étranger depuis le printemps de 1877, mais en août 1880, il se sentit en état de voyager de nouveau. Il partit faite un tour aux cathédrales du nord de la France, s’arrêtant auprès de ses vieilles connaissances, Abbeville, Amiens, Beauvais, Chartres, Rouen, et puis revint avec M. A. Severn et M. Brabanson à Amiens, où il passa la plus grande partie