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grand seigneur, de toute la future chrétienté, sainte Geneviève et saint Benoît[1].

Geneviève, « la vague blanche » (Eau riante), la plus pure de toutes les vierges qui aient tiré leur nom de l’écume de la mer ou des bouillons du ruisseau, sans tache, non la troublée et troublante Aphrodite, mais la Leucothéa d’Ulysse, la vague qui conduit à la délivrance.

Vague blanche sur le bleu du lac ou de la mer ensoleillée qui sont depuis les couleurs de France, lis d’argent sur champ d’azur ; elle est à jamais le type de la pureté, dans l’active splendeur de l’âme entière et de la vie (distincte en cela de l’innocence plus tranquille et plus réservée de sainte Agnès) et toutes les légendes de chagrin dans l’épreuve ou de chute de toute âme noble de femme sont liées à son nom, en Italien Ginevra devenant l’Imogène de Shakespeare ; et Guinevere[2], la vague torrentueuse des eaux des montagnes de la Grande-Bretagne de la pollution desquelles vos modernes ménestrels sentimentaux se lamentent dans leurs chants lugubrement inutiles ; mais aucun ne vous dit rien, autant que je sache, de la victoire et de la puissance de cette blanche vague de France.

4. Elle était bergère, une chétive créature, nu-pieds, nu-tête, telle que vous en pouvez voir courant dans leur inculte innocence et dont on s’occupe moins que de leur troupeau, sur bien des collines de France et d’Italie.

  1. Sur saint Benoît, voir dans Verona and other lectures les deux chapitres qui devaient faire partie de Nos pères nous ont dit, dans le VIe volume Valle Crucis, sur l’Angleterre. Et notamment les pages 124-128 de Verona. — (Note du Traducteur.)
  2. Personnage des romans chevaleresques, introduit par Tennyson dans Idylles du roi. — (Note du Traducteur.)