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dans la salle à manger : ils arrivaient derrière les chaises des invités, voyaient et entendaient ce qui se passait et, pendant ce temps-là, sans être importuns ils ramassaient les miettes et léchaient les plats.

Quand le dîner fut un peu avancé, et que vint le moment de servir les vins, l’empereur remplit sa coupe, remplit celle de l’impératrice, remplit celle de saint Martin, choque affectueusement son verre contre celui de saint Martin. L’impératrice, également aimable et encore plus sincèrement croyante, regarde à travers la table, humblement, mais aussi royalement, s’attendant, naturellement, à ce que saint Martin approche de suite son verre du sien pour le toucher. Saint Martin regarde d’abord autour de lui d’un air de réflexion, s’aperçoit qu’il a à côté de sa chaise un pauvre mendiant déguenillé, ayant l’air altéré, qui a réussi à se faire remplir sa coupe d’une manière ou d’une autre, par un laquais charitable.

Saint Martin tourne le dos à l’impératrice et trinque avec lui !

31. Pour laquelle charité — mythique si vous voulez, mais éternellement exemplaire — il reste, comme nous l’avons dit, le patron des buveurs bons chrétiens à cette heure.

Comme les années passaient sur lui, il paraît avoir senti qu’il avait porté le poids de la crosse assez longtemps, que l’active Tours avait besoin maintenant d’un évêque plus actif, que pour lui-même il pourrait dorénavant prendre innocemment son plaisir et son repos là où la vigne poussait et l’alouette chantait. Pour palais épiscopal il prend une petite excavation dans les rochers calcaires du bassin supérieur du fleuve, organise toutes choses pour le lit et la table, à peu de