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Catas-Altas, Tejuco et Villa do Principe pour se rendre à Paracatu, Goyaz et Matto grosso ; enfin on va par Sabara, Santa Lucia à Tamantua et au Rio San Francisco.

Les environs de Villa-Rica ont un caractère tout particulier : non-seulement les roches, les vallons, les chutes d’eau leur donnent un aspect sauvage ; mais on y est frappé encore de cet déchirement du sol que l’exploitation des mines a opérés en tout sens. On ne saurait se faire une idée de l’abondance de l’or dans ces contrées ; c’est incontestablement un des phénomènes les plus remarquables de notre globe : autour de la ville, ce métal se trouve répandu sur les hauteurs, dans la plaine, dans le lit des rivières et des ruisseaux, dans leurs eaux, dans la poussière des routes, et jusque dans les balayures des maisons ; souvent, lorsqu’on arrache une plante, l’on voit ses racines couvertes d’or, que les eaux pluviales y ont amoncelé.

Dans la contrée Villa-Rica et de Minas Geraes l’or se présente généralement compacte ; du moins l’on n’a fait jusqu’ici aucun essai de tirer parti d’autres minérais qui en contiennent aussi. La chaîne de montagnes la plus féconde en ce genre s’étend l’espace de deux legoas de Villa-Rica jusqu’à Cidade Marianna et Morro San Antonio, de l’est à l’ouest. Elle a pour base un mica ferrugineux, sablonneux, alternant avec du minérai de fer argileux, que les indigènes appellent Jacutinga. À beaucoup d’endroits a elle a soixante à soixante-dix pieds, et repose sur du grès ordinaire, ou sur du thonschiefer saturé de fer ; ses couches supérieures ont une force de seize à dix-huit pieds, et portent presque toujours sur un minérai de fer poreux, qui contient moins d’or que les couches plus profondes. Ce qu’il y a de plus riche, ce sont des couches et des veine de quarz friable (Farmacoes) et ces nids de la même roche appelés Panellas (pots). Ce sont ces couches de quarz et ces nids sur lesquels on travaille le plus ; car pour les autres minérais, quoique fort riches en or, on ne sait pas les travailler.[1]

Tant sous le rapport technique, que pour les lois qui la régissent, l’exploitation de l’or est encore à peu près dans le même état qu’à l’époque de la découverte de ces contrées. Il est vrai que les lois actuelles ne furent réunies et rédigée qu’à la fin du dernier siècle ; mais elles sont encore dans le même principe et sont entachées des mêmes défauts ; appropriées uniquement aux circonstances de l’époque pour laquelle elles étaient faites, elles ne répondent en aucune façon aux besoins actuels.

  1. Il n’est pas besoin de dire que nous ne voulons pas donner ici une dissertation complète et géographique sur l’or de Villa-Rica