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le plus grand soin, ajoutent toujours de l’eau, et secouant sans cesse leur écuelle, ils en font tomber la terre et les parties pierreuses les plus molles. Dès qu’un nègre a ainsi trouvé un diamant, il faut que sous les yeux d’un surveillant, qui est toujours présent, il le place dans un vase destiné à cet usage en battant des mains, pour avertir et pour prouver qu’il ne cache rien entre ses doigts, chose qui serait d’ailleurs fort difficile ; car il y a un surveillant pour cinq ou six esclaves : sans cesse il les observe, et son œil exercé apercevrait la moindre soustraction. Lorsqu’un esclave a le bonheur de trouver un gros diamant, il en est récompensé, et même, selon les circonstances, ce peut être pour lui une cause d’affranchissement soit immédiat, soit après un certain nombre d’années. L’humidité rend ce travail aussi mal-sain que le lavage de l’or.

Le gouvernement seul a droit de recueillir le diamant, et les peines contre ceux qui font la fraude, ou qui en emportent, sont encore plus sévères que celles établies pour les contraventions aux réglemens sur l’or. On les élude souvent, et pour un objet que l’on peut cacher si aisément, cela ne peut guère être autrement.

Tejuco est très-florissant ; ce lieu compte sept à huit mille habitans. Il est d’un aspect fort agréable ; la plupart des maisons ont deux étages ; elles sont en général plus propres et mieux bâties que dans le reste de cette province. Il y a beaucoup de fonctionnaires et de négocians, ce qui donne aux relations de société plus d’agrément. Le commerce y est florissant, même pour les articles de luxe et les modes de Paris. Cependant Tejuco n’est point une ville ; ce n’est qu’un Arrayal, quoiqu’elle mérite d’être appelée cidade ou villa beaucoup plus que Villa do Principe, qui est le chef-lieu de cette Comarca.



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