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VOYAGE PITTORESQUE

DANS LE BRÉSIL.


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PAYSAGES.


La baie de Rio-Janeiro est de forme ovale irrégulière, et présente beaucoup d’anses et de promontoires. Sa plus grande longueur est de cinq lieues, du sud au nord ; sa plus grande largeur, de quatre lieues de l’ouest à l’est. On entre de l’Océan dans la baie par un canal plus étroit, ou plutôt par une sorte de vestibule non moins irrégulier, et dont l’issue vers la baie est large d’environ une lieue, tandis que du côté de la mer son entrée est de mille brasses. C’est cette embouchure extérieure de la baie de Rio-de-Janeiro que représente la première planche de ce cahier ; elle a été dessinée en pleine mer, à une petite distance de terre. À gauche, l’œil est frappé de la singulière pyramide du rocher de Pao-de-Azucar (le pain de sucre), dont la configuration reste gravée dans le souvenir de tout marin qui a navigué le long de cette côte une seule fois dans sa vie. Au pied du Pain-de-sucre on distingue, sur une langue de terre avancée, les batteries de Saint-Théodose, qui, de ce côté, défendent l’entrée. Vis-à-vis on voit le fort de Santa-Cruz ; enfin, entre l’un et l’autre, la petite île da Lagem, également fortifiée, et qui divise l’embouchure de la rade en deux canaux, tous deux dominés entièrement par le feu de ses canons. Dans le fond, entre le fort Saint-Théodose et l’île da Lagem, on aperçoit celle de Villegagnon, couverte aussi d’ouvrages militaires, et plus loin encore l’Ilha-das-Cobras. Quant à la ville, elle est cachée derrière ces deux îles et derrière le fort Saint-Théodose.

Immédiatement après cette entrée, le rivage se retire, et s’éloigne des deux côtés pour former deux anses profondes. Celle de gauche, qui suit le bord occidental, porte le nom de Botafogo ; elle est limitée au nord par une pointe chargée de collines (Morro-do-Flamengo), derrière laquelle le rivage prend une direction assez droite vers le nord jusqu’à un autre promontoire plus petit et hérissé de rochers