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qui ont un plus grand nombre de pétales ou feuilles de la fleur, que n’en a la même fleur lorsqu’elle est simple. La fleur semi-double n’a qu’un embonpoint de plus à acquérir pour devenir double ; c’est-à-dire, un monstre aussi vrai dans son espèce, que le sont un chapon ou un carpeau dans la leur. Les fleurs semi-doubles produisent des graines en moins grand nombre que les fleurs simples, mais plus grosses & mieux nourries. À force de les semer dans de bonne terre & de leur prodiguer des soins, on obtiendra à coup sûr des fleurs doubles. Si elles le deviennent dans toute l’étendue du mot, alors toutes les étamines & les pistils, les seuls agens de la génération, se convertiront en pétales, & la fleur ne produira plus de graines. Telles sont les superbes renoncules, hyacinthes, &c. très-doubles. Mais, s’il reste quelques-unes des étamines & le pistil, on aura des graines. Considérez un pied de balsamines très-doubles, on n’obtiendra point de semences des premières fleurs qui épanouiront, parce que toute la plante est dans sa plus grande force ; mais à mesure qu’elle s’épuise un peu, les fleurs sont moins doubles, & produisent de la semence. La fleur semi-double conserve plus long-temps sa durée & ses couleurs, que la fleur simple, & la fleur double plus que les deux autres. Du moment que la fécondation des grains a eu lieu dans la plante simple, la fleur se dessèche, & en général la même fleur n’y subsiste que pendant un, deux ou trois jours. La fleur semi-double subsiste plus long-temps, parce que la fécondation est plus lente ; mais comme cette fécondation est nulle dans la fleur vraiment double, celle-ci conserve sa fraîcheur & sa beauté presqu’au tant de temps que la simple en met à fleurir& à grainer.


SEMIS. (Consultez l’article Semaille)


SEMOIR, machine inventée pour distribuer la semence avec plus d’exactitude & d’économie qu’il n’est possible de le faire lorsque l’on séme à la main.

Les chinois se sont servi, de toute antiquité, de semblables machines pour semer & couvrir en même-temps leurs ris. C’est d’eux qu’on en a emprunté la première idée ; & l’on a pensé aussitôt qu’on devoit l’appliquer aux semailles de nos champs. L’acquisition seroit infiniment heureuse, si nos terres ressembloient à celles des risières de Chine. Toute risière suppose nécessairement un sol dont la superficie est plane & nivelée à la règle, afin que l’eau qu’on est forcé d’y introduire pour favoriser la végétation des plantes, s’étende par-tout à la même hauteur : d’ailleurs ce sol ressemble plus à celui de nos jardins potagers qu’au terrain des champs labourés. Par-tout la terre est douce, émiettée, sans gravier, sans cailloux. Il n’est donc pas surprenant que l’action de semer & de recouvrir la semence par la même opération, soit l’effet d’une machine ; lorsque les ci constances seront égales, cette machine méritera d’être adoptée en Europe. En effet, le grain est également répandu, également espacé, également recouvert, & il n’y a pas un seul grain perdu. Mais