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sauroit tirer parti. L’occasion & les circonstances ont fait plus de découvertes que la réflexion.

La chair du blaireau n’est pas mauvaise à manger, & de sa peau on fait des fourrures grossières, des colliers pour les chiens, des couvertures pour les chevaux. Dans les campagnes, on fait un grand usage de l’axonge, qui est sa graisse blanche, inodore, insipide & molle, pour calmer les douleurs des reins, appaiser l’ardeur des fièvres. On l’emploie encore dans les douleurs de rhumatisme, dans les contractions & les foiblesses des articulations & des nerfs. M. M.


BLANC, Botanique. Maladie des plantes. On connoît dans le jardinage deux espèces de cette maladie, bien différentes l’une de l’autre, & qui ne dépendent pas des mêmes causes. La première est propre à certaines plantes, & détruit leurs feuilles ; & la seconde n’attaque que des arbres, surtout le pêcher, & quelques autres arbres fruitiers. Nous allons donner le détail de ces deux maladies, suivre leurs effets, & tâcher d’en indiquer les remèdes.

I. Le blanc de la première espèce se fait remarquer avec deux symptômes particuliers ; tantôt semblable à la rouille du blé, il altère & dessèche d’abord les feuilles, ensuite les tiges des plantes cucurbitacées, des laitues, des chicorées & des œillets, &c. ; tantôt ce ne sont que des points blancs que l’on remarque sur les feuilles, ou tout au plus, quelques feuilles totalement blanches que l’on rencontre parmi les autres feuilles saines & bien portantes d’un arbre ou d’une plante. Le blanc qui attaque les feuilles & les tiges des concombres, des œillets, des laitues, &c. commence ordinairement par les feuilles des extrémités des tiges ; elles perdent leur couleur insensiblement ; elles pâlissent & blanchissent ; ensuite elles se fanent ; les pétioles s’altèrent ; ils n’ont plus la force de supporter les feuilles qui retombent vers la terre : cette maladie s’augmente & gagne de proche en proche ; des tiges entières en sont bientôt infectées, & un état de langueur universelle devient la cause de la mort de toute la plante. Cette maladie singulière n’a point d’autre cause qu’une espèce d’obstruction dans les dernières feuilles, occasionnée par une trop grande sécheresse. La séve, soit montante, soit descendante, n’étant pas assez abondante, ne peut pas suffire à la nourriture générale. Le parenchyme des feuilles se corrompt ; il n’est plus en état d’élaborer la séve. Comme la couleur est le premier symptôme de la santé, le premier effet de la maladie est la perte de cette couleur. Des feuilles, elle se communique à leurs pétioles ; des pétioles aux tiges. Dans cet état, toute la surface extérieure des parties attaquées ne peut plus exhaler & inspirer cette force végétale dépendante du mécanisme même de la feuille, & de son état de perfection ; la circulation des deux séves n’a plus lieu ; dès-lors plus de nourriture, plus de vie.

Le remède le plus simple à cette maladie, consiste dans des arrosemens fréquens. Si ce moyen ne