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SUR LE THABOR

I


Lecteurs, si vous passez jamais en Galilée,
Vous y verrez au loin, dominant l’horizon,
Le Thahor solitaire au sein d’une vallée.
Ses flancs sont ombragés et couverts de gazon,
Et son sommet tronqué forme un plateau superbe
Qui lui donne l’aspect d’un gigantesque autel,
Bâti par le Très-Haut pour rencontrer son Verbe,
Y proclamer sa gloire et son titre immortel.

De la cime, qui forme un bel amphithéâtre,
Partout la vue embrasse un splendide tableau :
Vers le septentrion, dans un lointain bleuâtre,
La chaîne du Carmel s’étend comme un rideau ;
Mais par de grands ravins sa crête est sillonnée,
Et ces vastes crénaux laissent apercevoir
Par dessus leurs sommets la Méditerrannée
Qu’ils encadrent de bleu comme un large miroir.