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échos domestiques


Les ormes, les noyers, les superbes bouleaux,
Aussi blancs et polis que des fûts de colonnes,
Les érables, groupés aux versants des coteaux,
Tous, rois de nos forêts, ont perdu leurs couronnes.

La brise qui, l’été, dans les chênes feuillus,
Fait chanter doucement les rameaux qu’elle effleure
Sous le ciel désolé maintenant crie et pleure ;
Et dans les pins déserts les nids ne chantent plus.


II


Mais parmi ces corps nus et froids comme des marbres,
Qui, grelottants, craquaient au vent de nos hivers,
Sur le bord du sentier j’aperçus d’autres arbres ;
Qui sous la neige blanche étaient demeurés verts.

Dans la nature morte ils conservaient la vie.
Ils semblaient posséder ce principe immortel,
Qui dans l’humanité circule, vivifie,
Et poursuit son travail latent mais éternel.