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échos domestiques


C’est le tour maintenant de ces têtes si chères,
Dont les charmantes voix nous appellent leur pères.
Bénissez les, mon Dieu, par nos indignes mains ;
Faites pour leurs plaisirs des jours longs et prospères,
Semez des fleurs sur leurs chemins.

Qu’ils soient purs vos enfants comme sont vos Archanges ;
Sur leurs pas incertains envoyez vos bons anges,
Et qu’à leurs blancs chevets ils veillent tour à tour !
Que pour vous les accents de ces voix de mésanges
Soient une prière d’amour !

Donnez à leur voix pure un timbre qui nous charme,
Dans leurs regards versez quelquefois une larme
Pour que tous leurs désirs soient toujours exaucés ;
Que toujours à propos un mot naïf désarme
Nos regards contre eux courroucés !

À leurs membres frileux donnez une mantille,
Et dans l’âtre, l’hiver, un bon feu qui pétille,
Sur leur table du lait et du pain de froment.
Et dans leurs yeux d’azur que le bonheur scintille
Comme une étoile au firmament !