Page:Routhier - Les échos, 1882.djvu/138

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

146
échos patriotiques


Les chevaliers français, qui, l’âme endolorie,
Semblaient humiliés de survivre aux combats,
Repartaient en pleurant pour la mère-patrie,
Plutôt que de subir un joug qu’ils n’aimaient pas.

Jour de deuil où l’on vit, sous les couleurs anglaises,
S’éloigner le dernier des gouverneurs français,
Où, mornes spectateurs, au sommet des falaises,
Nos pères soupiraient : reviendront-ils jamais ?

Oh ! qu’ils devaient souffrir dans leurs âmes si fières,
Quand leurs yeux désolés contemplaient l’avenir !
Quelques milliers épars, vivant dans des chaumières,
Délaissés, sans secours, qu’allaient-ils devenir ?

Ces généreux enfants d’une race superbe
Seraient-ils absorbés par le peuple vainqueur ?
— On le disait. Mais Dieu qui prend soin du brin d’herbe
Laissait luire sur eux un rayon de son cœur !