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LE CENTURION

Cette condamnation prononcée d’avance par ceux qui jugèrent plus tard Jésus est une des monstruosités de ce procès.

Mais c’est le fond même du litige qui nous intéresse davantage, et que nous voulons surtout apprécier.




Il n’est pas nécessaire d’être avocat ou magistrat pour savoir que la légalité et la justice sont loin d’être synonimes.

Une condamnation peut être strictement légale, et consacrer une injustice.

Jésus étant Dieu, il est bien évident qu’il était au-dessus des lois humaines, et que la sentence de mort prononcée contre lui était nécessairement injuste, puisqu’il ne pouvait avoir commis aucun crime.

Mais peut-on soutenir que cette sentence a été légale ? En d’autres termes, le Sanhédrin et Pilatus, en la prononçant, n’ont-ils fait qu’appliquer les lois alors existantes ?

Si la réponse à cette question doit être affirmative, c’est un terrible soufflet à la légalité.

Mais nous croyons que les juges de Jésus ont fait une application erronée des lois existantes à l’auguste prisonnier traduit devant eux, et que la prétendue légalité de leurs arrêts n’a été qu’un masque à leur injustice.