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LE CENTURION

Et puis, mon beau-frère n’est pas sans inquiétude au sujet du mouvement messianique. L’agitation grandit, et pourrait susciter des troubles sérieux.

Il y a deux choses que Claudia et moi n’aimons pas. C’est la fumée des sacrifices qui monte sans cesse de l’autel des holocaustes, et dont l’odeur arrive jusqu’au palais quand le vent souffle du midi. Et puis c’est le trafic des victimes sous les admirables portiques du temple. Ce spectacle est dégoûtant à l’époque des grandes fêtes religieuses, et lorsque le prophète de Nazareth a fait ici sa première prédication il en a été lui-même révolté. Il s’est armé d’un fouet, et il a chassé les vendeurs et leurs troupeaux, et renversé les tables des changeurs. Son aspect était si terrible que personne n’osa résister.

Mais quand il fut retourné dans la Galilée les trafiquants sont revenus, et ils ont rétabli leurs comptoirs.