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La Monongahéla

retournés sur leurs pas, parce qu’un d’eux avaient été tué par hasard, ce qui leur semblait un mauvais présage. Les Iroquois, qui s’avançaient par le lac Champlain, suivirent cet exemple sous le prétexte que la maladie s’était mise dans leurs rangs et pouvait se communiquer à toute l’armée.

« Informé de ce contre-temps, j’écrivis aux commandants pour les inviter à continuer leur route et de tomber sur quelque endroit écarté plutôt que de revenir sans rien faire. Les Algonquins et les Abénaquis promirent de suivre des Chaillons et Rouville où ils voudraient les mener.

« Le parti n’étant plus composé que de deux cents hommes, tant sauvages que canadiens, après avoir parcouru cent lieues à travers la forêt, déboucha sur le lac Nikisipique, où les Abénaquis n’avaient pu se rendre, parce qu’ils étaient forcés de tourner leurs armes d’un autre côté. Sans se laisser décourager, des Chaillons et de Rouville poussèrent de l’avant, et, au point du jour, ils attaquèrent Haverhill, sur la rivière Merrimac. C’était un village de vingt-cinq ou trente maisons bien bâties, protégé par un fort où logeaient le commandant avec trente soldats. Le gouverneur de la Nouvelle-Angleterre, sur l’avis de la marche de nos soldats, venait d’y envoyer plus de deux cents hommes de renfort et avait en outre placé de pareils détachements dans les villages environnants.

« Ne pouvant compter sur la surprise, nos Fran-