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La Monongahéla

sous le commandement du colonel Nicholson, tandis que M. de Subercase n’avait pas cent hommes valides à leur opposer. Il affirme même dans sa lettre au ministre de Pontchartrain qu’il ne sortit du fort, avec armes et bagages, qu’à la tête de cinquante et un soldats.

Avant que la nouvelle de cette capitulation arriva à St-Jean, de bonne heure, dans le printemps, M. de Saint Ovide envoya Nicolas de Neuville à la tête de ses soixante marins pour s’emparer de Carbonière, le seul poste qui n’avait pas été pris par les Français dans l’île de Terreneuve.

Le cinq mai, le détachement était campé dans la baie de la Trinité.

Ce jour-là brillait un magnifique soleil qui donnait à la verdure un renouveau de vie ; les oiseaux chantaient dans la ramure et le flot, venant s’échouer sur la rive, clapotait tout bas. Pas un seul zéphir ne venait troubler la surface polie de la mer.

Nicolas de Neuville, avant de pousser plus loin, avait cru prudent de faire une reconnaissance. Dès le matin, à la tête d’une trentaine de ses hommes, il se mit donc en marche avec la résolution de ne revenir que tard dans la journée, laissant le reste de sa troupe sur le rivage de la baie, campée à l’abri d’un cap, et sous le commandement du vieux maître Gaspard Bertrand.

Vers midi, après un frugal repas, les hommes