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La Monongahéla

jaloux la présence prolongée de Daniel de St-Denis sous le toit de Don Pedro. Il n’est rien de caché du reste pour l’œil clairvoyant d’un amoureux.

Il constata bientôt les sentiments du jeune homme et soupçonna même le combat qui se livrait dans le cœur de Doña Maria. Il prit la résolution d’éclairer ses doutes à cet égard. Le départ du jeune officier pour le gouvernement de Caouil vint lui fournir l’occasion d’acquérir une certitude complète.

Mais au préalable, il réfléchit qu’il ne serait peut-être pas mal à propos de sonder le terrain du côté de Don Pedro et de s’assurer s’il était toujours dans les sentiments de lui donner sa fille.

Daniel reçut enfin l’avis officiel qu’il pouvait se mettre en route pour Caouil, que l’escorte dont il avait besoin, et que le commandant lui avait promise pour continuer son voyage, serait à ses ordres le lendemain matin.

Afin de fêter le départ de son hôte, Don Pedro avait invité à sa table ce soir-là un certain nombre de convives. Don Gusman l’ayant prévenu qu’il désirait l’entretenir d’une affaire importante avant la soirée, ce seul fait suffit pour expliquer sa présence dans le cabinet du commandant bien avant l’arrivée des invités.

— Commandant, disait l’alcade, je vous demande pardon tout d’abord d’avoir sollicité un entretien qui