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Page:Rousseau - Fragments inédits éd. Jansen 1882.djvu/92

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82 Histoire critique de la rédaction des

dire à l’époque où Rousseau commença la rédaction de la seconde partie des Confessions. L’auteur la rédigea pendant l’hiver de 1769 à 1770, et se servit dans ce but d’encre de Chine, afin de déjouer les complots de ses ennemis, qui s’effor- çaient, selon son idée fixe, de lui enlever l’encre ordinaire

MoRiN dans son Essai sur la vie et le caracûre de J.-J. Rousseau, p 592 nous donne une description de ce manuscrit de Rousseau V écriture , dit il , en est extrêmement ténue; elle occupe toute la surface des pages excepté en dedans, ou il reste une marge d’un centnnltre et demi de largeur tout an plus Cette forme, singulièrement compacte, i explique tris bien Tourmenté par la cratntt de voir son tratatl tomber entre les moins de ses ennemis, Rousseau dut s appliquer à lut donner le moins de volume possible. On trouvt dans le VII"" In’re des Confessions une note relative h Duelos, et atnst conçue "Voilà ce gue j’aurais toujours pensé , si je n’étais jamais revenu à Fans <. Cette note est écrite en long sur la marge de la page, C encre qui a servi à Piertre est moins noire que celle du texte À ce sujet, je rappellerai ufie idée extravagante énoncée par Rousseau dans les Dialogues, il prétend que, lorsquil écrivait en Dauphtné la seconde partie de ses Confessions , on était panenu à écarter de lut toute encre lisible, et qu’il an’ait été obligé d’employer de îencre de Chine En effet, la teinte de cette substance est tris reconnaissable dans cette fraction du manuscrit, et tranche avec celle de t encre ordinaire qui a servi à écrire la prewikre partie (*) Il est donc évident que la note dont il s’agit a dû être écrite postérieurement au texte, et qiielle date de t époque à laquelle Rousseau habitait Paris (iTJÔ — 1778), puisqu’elle fait mention dune circonstance de son séjour dans cette ville. Presque toutes les autres notes du manuscrit sont en surcharge, comme celle dont je viens de parler, et offrent la même différence dans la teinte de

t encre, On ne trouve pas, dans le manuscrit de

la Bibliothique (de Paris) , le paragraphe final du XII’"^ livre des Confessions, qui commence ainsi: \fajoutai ce qui suite etc.

Nous avons prouvé que Rousseau a terminé la rédaction du Xllme livre des Confessions dans les derniers jours de 1770 ou dans les premiers de 177 1. Depuis lors seulement l’auteur a transcrit la copie de la seconde partie de ses Confessions, c’est à dire la seconde moitié du manuscrit de Moultou. Il travailla assez longtemps. Car la >fame deu gean ieacque rousseauï, — c’est ainsi que Thérèse Levasseur signe ses lettres, — se rappela avec M. du Peyrou les jours oii son mari prit, d’après

(•) Barruel-Beauvert dit dans son ouvrage intitulé; Vit de J.-y. Roussiau p. 390 noie, que Rousseau écrivit d’abord ses Mémoires avec une encre fort blanche; mais comme elle papillotait’ à la vue, continue Barruel, et le fatiguait tieaucoup, Rousseau eut la patience de repasser tout son ouvrage laborieuse- ment depuis le premier mot jusqu’au dernier; et ce fut de cette copie ainsi retravaillée qu’il fit la lecture. — Mercier, De y.-J. Rousseau etc. (I. 253 note i) dit la mime chose en ajoutant: >et j’ai vu ta copie ainsi tmvaîllée.’