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Page:Rousseau - Fragments inédits éd. Jansen 1882.djvu/74

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64 Histoire critique de la rédaction des confessions

mémoire^ ; c’est pourquoi il ne lut pas les six premiers livres, qui contiennent l’histoire de ses ^fautes et erreuisi, et qu’il ^se borna ... à faire ... le narré fidèle de tout ce qui lui était arrivé depuis son entrée en France (1742) jusqu’à son départ de Montmorency» (1762). (151) C’est à dire qu’il ne lut que les livres VIT — XI de ses Confessions. Dans les deux dernières conférences il n’a lu non plus que cette même partie. En effet, les conférences ayant duré, suivant la relation de Dosaulx, chacune dix-sept heures, avec de courtes interruptions, et Rousseau ayant lu par heure de treize à quartorze pages, il n’a pu achever tout au plus que les 230 pages, que les livres VII à XI ont dans l’édition de ses œuvres de 1872. (153)

(151) Voycî noie 150.

(i5î) Nous coimais.sojis qualre relations sur les lectures des Confessions de Rousseau ; 1) La relation de Dorai, réimprimée dans l’édilion des Oluvrts lit y.-y. SoHssiau, Genève M.DCC.LXXXII. z) La relation du comte Bamiel-Beauvert dans sa VU de J.-j. Rousseau 17S9 p. 3SS etc. Elle est fondée sur la tradition orale et protrablemenl 9ur des informations de Dusaulx et de Le Mierre ou plutôt de Le Mierre seul. (Vovei p, 390.) 3) La relation de Mercier dans son ouvrîçc intitulé : De J.-J. Rousseau, considéré tomme tua dts prcmitrs auteurs dt la révolution Paris 1791 ; (II. 266.) Elle n’est rien autre qu’un plagiat du comte Uarruel-Beauvert , Vie dt y.-7- Rousstau. 4) La relation de Dusaulx dans sa brochure: ’De mes rapports avec y.-y. Rousseaut 1798.

La plus ancienne et la plus fidèle de ces quatre relations est celle de Dorât. La voici :

Extrait du yeumal de Paris du ç août lyyZ Nr. 231. Il y a s^t ou huit ans, Messieurs, qu’après avoir entendu lis Mémoires de y.-y. Rousseau, /écrivis la lettre qae jt vous envoie, a une femmt digne d’apprécitr et grand homme, ye m sais par çuel hasard je l’ai retrouvée imprimée dans un papier public, ye vous la fais passer telle qut je l’ai écrite , et je vous prie de vouloir iitn l’insérer dans le yournal

À trois heures ajtris minuit. Jt rtnirt chez moi. Madame, ivrt de plaisir et d’amiration; je comptais sur une séance de S heurts, elle en a duré 14 ou ij [selon îiusaulx ly et selon Barrutl • Beauverl iS] , nous nous eemmes assemilés à ç heures du malin (selon Dusaulx a 6 heures et selon Barrutl a j heurts du malin], et nous nous séparons à rinstaul satts qu’il y ait eu d’intervalle à la lecture que ceux du repos dont les instans, quoique rapides, nous ont encore paru trop longs. Ce sont les mémoires de sa vie qui Rousseau nous a lus. Quel ouvrage! Comme il s’y peint, et comme on aime à ïy riconnaître! Il y avoue ses bonnes qualités avec un orguril Uen noble, et ses défauts avec une franchise plus noble encore. Il nous a arraiÂé des larmes far le lailiau pathétique de ses malheurs et de ses faiblesses , de sa confiance payée il in^aiiiside, dt tous les orages de son cœur lensiile, tant de fois bltssi par la main caressante de ^hypocrisie, surtout de ces passions si douces qui plaisent encore à rame quelles rendent infortunée, y’ai pleuré de ion cœur; je me faisais uni volupté secrète dt vous offrir ces larmes d attendrissement auxquillis ma situation actutlle a feut-ttri autant dt fart que te que j’entendais. Le bon yeait-yacquei, dans ces Mémoires divins, fait d’une ftmmt f Mad. dHoudetot] qu’il a adoréi, un portrait si enchanteur, si aimable, dun coloris si frifis et si tendre, qut fai cru vous y reconnaître; je jouissait de cette déhcituse ressemblance, tt et plaisir était pour mot seul. QuaHd on aime, On a mille puissances que lis indifférens ne soup(oniu>u même pas, et pour lesquelles lis lémoins disparaissent.