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Page:Rousseau - Fragments inédits éd. Jansen 1882.djvu/58

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45 Histoire critique de la rédaction des confessions

Dès ce moment l’auteur des Confessions eut des motifs sérieux pour mettre à l’abri de ses ennemis ses manuscrits et ses docu- ments. On redoutait non seulement «l’homme le plus éloquent et la plume la plus séduisante du siècle,* mais surtout la vérité et la justice. C’est pourquoi les Voltaire et les Grimm osèrent taxer Rousseau de menteur et de calomniateur. C’est pourquoi aussi David Hume, s’associant à Walpole et à d’Alemsërt, flétrit son caractère dans l’Exposé succinct. Heureusement ces accusations furent le meilleur plaidoyer en sa faveur et sa justification la plus complète. Rousseau n’avait jamais craint de voir divulguer ses démêlés avec David Hume. »P1us je pense à la publication promise par M. Hume, écrit-il le z août 1766 à Guv, moins je puis concevoir qu’il l’exécute. S’il l’ose faire , à moins d’énormes falsifications , je prédis hardiment que malgré son extrême adresse et celle de ses amis, sans même que je m’en mêle, M. Hume est un homme démasqué.* (*) La publication du philosophe écossais sous le titre à’£xposi succinct dégoûta jusqu’aux Grimm et consorts ; et quant au public, après avoir décrié d’abord l’auteur d’£mik, il finit par lui compatir et par s’indigner contre ses persécuteurs.

Rousseau le sentit bien, et bientôt parurent en son honneur de nombreuses brochures. Malheureusement, durant les premiers mois de ryô?, il retomba dans la maladie dont son esprit avait tant souffert un an auparavant. Il se figurait être captif des Anglais et cerné par des ennemis, qui voulaient s’emparer de ses Mémoires et de ses pièces justificatives. sLe désir de s’emparer de ce dépôt à ma mort, écrivit-il le 4 avril 1767, à son ami DU Peyrou, et peut-être même de mon vivant, est une des

(•) Oeuvns eomfl. Corritp. XI, 373 etc. — L’original de celle lettre est à Berlin et c’est grice à M, le Conseiller inllme Kunstmann, qui a bien voulu nous les procurer, que nous sommes en mesure de le comparer avec la lettre imprimée. L’original écrit qui remplit deux page^ et demi in-folio, porte l’adresse suivante ; »À Monsieur Guy cher Madame la veuve Duchesne libraire, me St. Jacques à Pariai ; il commence par ces mots À Wootlon le 2 août 1766, Je me serois bien passé, Monsieur, d’appiendre etc.* L’ortho- graphie et la ponctuation diffèrent de l’original, et apris les paroles: .Je ne connois d’autre voye assurée que celle-là , . .• (édit. de 1872 p. 375) U manque le passage suivant :

>Je vous ai toujours renvoyé très exactement et tris promptemcnl toutes les épreuves [du Dicltotmaire de Aîusique\ que j’ai reçues ou leurs corrections. Si vous ne les avez pas reçues ce n’est pas ma faute. Au reste vous auiei bien fait de prendre le parti de faire corriger sur le mieux un seul correctenr attentif et sûr. Prenez garde aux gens que vous employez. Vous Êtes averti! c’est votre affaire.’

Dans ta lettre (édition de 1872 p. 375) Rousseau parle des commissions d’un certain PrauK. À la 4me page de l’original on lit la note suivante pro- bablement de la main de Guy, L’ouvrage aporte (siel) d’angleterre par M. Prault est intitulé Ricuiil de Ltitrcs de .1/. y.-J. Rousseau et autres pièces relalivis à la persecHlion, et a sa défense. Le tout est transcrit sur les originaux à Londres chez Beguet et Dehonte, et a paru en juillet 1766.1