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Page:Rousseau - Fragments inédits éd. Jansen 1882.djvu/42

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32 Histoire critique de la rédaction des confessions

vie, nous pouvons dire que l’esquisse intitulée Mon Portrait vit le jour entre le 2 décembre 1764 et le 2 janvier 1765.

Nous en avons trois éditions, l’une de M. Jules Ravenel, l’antre de M. Streckeisen-Moultou et la troisième de M. Jules Sandoz. (44) Cependant j’ai découvert encore des fragments qui en font également partie.

À différentes reprises, Rousseau a décrit sa manière de tra- vailler. Jamais aufeur n’étudia si longtemps et si à fond les livres, les hommes et soi-même, uniquement pour étudier, pour éclaircir son propre esprit et pour former son propre caractère. i-De toutes mes études, dit-il dans les Rêveries, que j’ai tâché de faire en ma vie au miUeu des hommes, il n’y en a guère que je n’eusse faites également seul dans une île déserte où j’aurais confiné pour le reste de mes jours.* (45) Rousseau ne débuta dans la carrière d’auteur qu’à trente-sept ans passés; c’est pour- quoi il put la terminer avant sa quarante -septième année par une longue suite de chefs-d’œuvre. Déjà son premier discours renfermait en germe toutes ses idées fondamentales. Mais il dit lui-même, qu’il me se hâta point de développer ces nouvelles vues; que l’exemple de ses adversaires lui apprenait combien il est nécessaire de réfléchir et de méditer avant que de pro- duire.- (46)

Rousseau traitait les sujets avec un s(ân méticuleux et polissait son style avec une patience infinie. (47) Néanmoins il n’a con- sacré à aucun autre ouvrage tant d’années et tant de travail qu’aux Confessions: il n’en jeta le canevas sur le papier qu’après les avoir préparées et méditées trois ans. On sait que l’auteur d’Emile méditait même pendant ses insomnies ou sur son lit de douleur. Toute la productivité de son génie se développait à la prome- nade. Rentré chez lui >il jetait ses pensées éparses et sans suite sur des chiffons de papiers, sur des pages blanches de lettres ou d’enveloppes, sur des cartes à jouer: toujours comme le hasard les lui suggérait. Ces brouillons existent encore en assez grand nombre à la Bibliothèque de Neuchâtel. Streckeisen-Moultou, BouGv et d’autres en ont publié un grand nombre, mais pas un seul n’a indiqué ou n’a su indiquer les œuvres ou les passages

(44) StreekeisEn-Moaltou, Oeuvres et cerrespvndance médites de y.-J. Rousseau, 1861. p. 285 — 290. — Jules Sandiiz: Biiliolhiqut Hniversille. No, 46, du 20 octobre 1861. — Ces deux éditcuTS ignorèrent que M. Jules Ravenel avait publié longtemps avant eux-mêmes ’Mon PorlraU, morceau inédit de J.-J, Rousseau», dans la Kevue rétrespective tome V prem. série p. 469 etc.

(45) Oeuvr. compt.. Rêveries. (Fromen. III.)

(46) Slreckeisen.Moultou. Oeuvres etc. Fragment biographique p. 338.

(47) Félix Bovet, Discours sur lis Richesses par J.-I, Rousseau p. 3. 4. Je trouve dans ta Correspondance Ultirairt etc. par Grimm , Diderot etc. Paris 1878. V. p. 46 (février 176?), que Camille Faiconel, docteur régent de la faculté de médecine à Paris etc. écrivait aussi ses observations sax des cartes dont il a laissé 90,000.