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Page:Rousseau - Du contrat social 1762a.djvu/326

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une puissance ; Dieu veut qu’on lui obéisse ; le dépositaire de cette puissance en abuse-t-il ? C’est la verge dont Dieu punit ses enfans. On se feroit conscience de chasser l’usurpateur ; il faudroit troubler le repos public, user de violence, verser du sang ; tout cela s’accorde mal avec la douceur du Chrétien ; & après tout, qu’importe qu’on soit libre ou serf dans cette vallée de miseres ? l’essenciel est d’aller en paradis, & la résignation n’est qu’un moyen de plus pour cela.

Survient-il quelque guerre étrangère ? Les Citoyens marchent sans peine au combat ; nul d’entre eux ne songe à fuir ; ils font leur devoir, mais sans passion pour la victoire ; ils savent plutôt mourir que vaincre. Qu’ils soient vainqueurs ou vaincus, qu’importe ? La providence ne sait-elle pas mieux qu’eux ce qu’il leur faut ? Qu’on imagine quel parti