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Page:Rousseau - Du contrat social 1762a.djvu/124

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au dessous de toute violence & ne s’exerce jamais qu’en vertu du rang & des loix, & quant à la richesse, que nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un autre, & nul assez pauvre pour être contraint de se vendre : Ce qui suppose du côté des grands modération de biens & de crédit, & du côté des petits, modération d’avarice & de convoitise[1].

Cette égalité, disent-ils, est une chimere de spéculation qui ne peut exister dans la pratique : Mais si l’abus est inévitable, s’ensuit-il qu’il ne faille pas au moins le regler ? C’est

  1. Voulez-vous donc donner à l’Etat de la consistance ? rapprochez les degrés extrêmes autant qu’il est possible : ne souffrez ni des gens opulens ni des gueux. Ces deux états, naturellement inséparables, sont également funestes au bien commun ; de l’un sortent les fauteurs de la tirannie & de l’autre les tirans ; C’est toujours entre eux que se fait le trafic de la liberté publique ; l’un l’achete & l’autre la vend.