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Page:Rousseau - Du contrat social 1762a.djvu/120

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gislateur d’avec celle du Tiran.

Quel peuple est donc propre à la législation ? Celui qui, se trouvant déjà lié par quelque union d’origine d’intérêt ou de convention, n’a point encore porté le vrai joug des loix ; celui qui n’a ni coutumes ni superstitions bien enracinées ; celui qui ne craint pas d’être accablé par une invasion subite, qui, sans entrer dans les querelles de ses voisins, peut résister seul à chacun d’eux, ou s’aider de l’un pour repousser l’autre ; celui dont chaque membre peut être connu de tous, & où l’on n’est point forcé de charger un homme d’un plus grand fardeau qu’un homme ne peut porter ; celui qui peut se passer des autres peuples & dont tout autre peuple peut se passer [1] ; Celui qui n’est ni riche ni pau-

  1. Si de deux peuples voisins l’un ne pouvoit se passer de l’autre, ce seroit une situation très dure pour le pre-