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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/73

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mal, j’ai répondu. Or on ne sauroit gueres donner à un Auteur une plus mande marque de mépris qu’en ne lui répliquant que par les mêmes argumens qu’il a réfutés. Mais faut-il leur indiquer la difficulté qu’ils ont à résoudre ? la voici : Que deviendra la vertu quand il faudra s’enrichir à quelque prix que ce fois ? Voir, ce que je leur ai demandé, & ce que je leur demande encore.

Quant aux deux observations suivantes, dont la premiere commence par ces mots ; enfin voici ce qu’on objecte, &c. & l’autre par ceux-ci ; mais ce qui touche de plus pris, &c. je supplie le Lecteur de m’épargner la peine de les transcrire. L’Académie m’avoit demande si le rétablissement des sciences & des arts avoit contribue à épurer les mœurs. Telle étoit la question que j’avois à résoudre : cependant voici qu’on me fait un crime de n’en avoir pas résolu une autre. Certainement cette critique est tout au moins fort singuliere. Cependant j’ai presque à demander pardon au Lecteur de l’avoir prévue, car c’est ce qu’il pourroit croire en lisant les cinq ou six dernieres pages de mon Discours.

Au reste, si mes Censeurs s’obstinent à désirer encore des conclusions pratiques, je leur en promets de très-clairement énoncées dans ma premiere réponse.

Sur l’inutilité des loix somptuaires pour déraciner le luxe une fois établi, on dit que l’Auteur n’ignore pas ce qu’il y a à dire là-dessus. Vraiment non, je n’ignore pas que quand un homme est mort, il ne faut point appeller de Médecin.

On ne sauroit mettre dans un trop grand jour des vérités qui heurtent autant de front le goût général, & il importe