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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/608

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habitude de fureter des campagnes m’a rendu familieres la plupart des plantes indigenes. Il n’y a que les jardins & productions exotiques où je me trouve en pays perdu. Enfin ce que je n’aurai pu déterminer ſera pour vous, Monſieur, un objet de recherche & de curioſité qui rendra vos amuſemens plus piquans. Si cet arrangement vous plaît, je ſuis à vos ordres, & vous pouvez être sûr de me procurer un amuſement très-intéreſſant pour moi.

J’attends la note que vous m’avez promiſe pour travailler à la remplir autant qu’il dépendra de moi. L’occupation de travailler à des Herbiers remplira très-agréablement mes beaux jours d’été. Cependant je ne prévois pas d’être jamais bien riche en plantes étrangeres, &, ſelon moi, le plus grand agrément de la Botanique eſt de pouvoir étudier & connoître la nature autour de ſoi plutôt qu’aux Indes. J’ai été pourtant aſſez heureux pour pouvoir inſérer dans le petit recueil que j’ai eu l’honneur de vous envoyer, quelques plantes curieuſes, & entr’autres le vrai papier, qui juſqu’ici n’étoit point connu en France, pas même de M. de Juſſieu. Il eſt vrai que je n’ai pu vous envoyer qu’un brin bien miſérable, mais c’en eſt aſſez pour diſtinguer ce rare & précieux ſouchet. Voilà bien du bavardage, mais la Botanique m’entraîne, & j’ai le plaiſir d’en parler avec vous : accordez-moi, Monſieur, un peu d’indulgence.

Je ne vous envoye que de vieilles Mouſſes ; j’en ai vainement cherché de nouvelles dans la campagne. Il n’y en aura gueres qu’au mois de Février, parce que l’automne a été trop ſec. Encore faudra-t-il les chercher au loin. On n’en trouve gueres autour de Paris que les mêmes répétées.

Fin du dernier Volume des Mélanges.