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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/597

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ſous qui ſont entre les papiers ; on met enſuite deux autres feuilles de papier gris ſur la ſeconde feuille blanche, ſans ceſſer un ſeul moment de tenir la plante aſſujettie de peur qu’elle ne perde la ſituation qu’on lui a donnée ; ſur ce papier gris on met une autre feuille blanche, ſur cette feuille une plante qu’on arrange & recouvre comme ci-devant ; juſqu’à ce qu’on ait placé toute la moiſſon qu’on a apportée, & qui ne doit pas être nombreuſe pour chaque fois ; tant pour éviter la longueur du travail, que de peur que durant la deſſiccation des plantes, le papier ne contracte quelque humidité par leur grand nombre ; ce qui gâteroit infailliblement vos plantes, ſi vous ne vous hâtiez de les changer de papier avec les mêmes attentions ; & c’eſt même ce qu’il faut faire de tems en tems, juſqu’a ce qu’elles aient bien pris leur pli, & qu’elles ſoient toutes aſſez ſeches.

Votre pile de plantes & de papiers ainſi arrangée, doit être miſe en preſſe, ſans quoi les plantes ſe gripperoient ; il y en a qui veulent être plus preſſées, d’autres moins ; l’expérience vous apprendra cela, ainſi qu’a les changer de papier à propos, & auſſi ſouvent qu’il faut, ſans vous donner un travail inutile. Enfin quand vos plantes ſeront bien ſeches, vous les mettrez bien proprement chacune dans une feuille de papier, les unes ſur les autres, ſans avoir beſoin de papiers intermédiaires, & vous aurez ainſi un Herbier commencé, qui s’augmentera ſans ceſſe avec vos connoiſſances, & contiendra enfin l’hiſtoire de toute la végétation du pays : au reſte, il faut toujours tenir un Herbier bien ſerré, & un peu en preſſe ; ſans quoi les plantes, quelque ſeches qu’elles fuſſent,