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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/594

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C’eſt dans ce point où toutes les parties de la fructification ſont ſenſibles, qu’il faut tâcher de prendre la plante pour la deſſécher dans cet état.

Les petites plantes ſe prennent toutes entieres avec leurs racines qu’on a ſoin de bien nettoyer avec une broſſe, afin qu’il n’y reſte point de terre. Si la terre eſt mouillée on la laiſſe ſécher pour la broſſer, ou bien on lave la racine ; mais il faut avoir alors la plus grande attention de la bien eſſuyer, & deſſécher avant de la mettre entre les papiers, ſans quoi elle s’y pourriroit infailliblement & communiqueroit ſa pourriture aux autres plantes voiſines. Il ne faut cependant s’obſtiner à conſerver les racines qu’autant qu’elles ont quelques ſingularités remarquables ; car dans le plus grand nombre, les racines ramifiées & fibreuſes ont des formes ſi ſemblables que ce n’eſt pas la peine de les conſerver. La nature qui a tant fait pour l’élégance & l’ornement dans la figure & la codeur des plantes en ce qui frappe les yeux, a deſtiné les racines uniquement aux fonctions utiles, puiſqu’étant cachées dans la terre, leur donner une ſtructure agréable, eût été cacher la lumière ſous le boiſſeau.

Les arbres & toutes les grandes plantes ne ſe prennent que par échantillon. Mais il faut que cet échantillon ſoit ſi bien choiſi, qu’il contienne toutes les parties conſtitutives du genre & de l’eſpece, afin qu’il puiſſe ſuffire pour reconnoître & déterminer la plante qui l’a fourni. Il ne ſuffit pas que toutes les parties de la fructification y ſoient ſenſibles, ce qui ne ſerviroit, qu’à diſtinguer le genre, il faut qu’on y voye bien le caractere de la foliation & de la ramification ; c’eſt-à-dire,