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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/586

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Dans toue la claſſe des compoſées, la graine eſt toujours ſeſſile, c’eſt-à-dire, qu’elle porte immédiatement ſur le réceptacle ſans aucun pédicule intermédiaire. Mais il y a des graines dont le ſommet eſt couronné par une aigrette quelquefois ſeſſile, & quelquefois attachée à la graine par un pédicule. Vous comprenez que l’uſage de cette aigrette eſt d’éparpiller au loin les ſemences en donnant plus de priſe à l’air pour les emporter & ſemer à diſtance.

A ces deſcriptions informes & tronquées, je dois ajouter que les calices ont pour l’ordinaire la propriété de s’ouvrir quand la fleur s’épanouit, de ſe refermer quand les fleurons ſe ſement & tombent afin de contenir la jeune graine, & l’empêcher du ſe répandre avant ſa maturité, enfin de ſe rouvrir & de ſe renverſer tout-à-fait pour offrir dans leur centre une aire plus large aux graines qui groſſiſſent en mûriſſant. Vous avez dû ſouvent voir le Piſſenlit dans cet état, quand les enfans le cueillent pour ſouffler dans ſes aigrettes qui forment un globe autour du calice renverſé.

Pour bien connoître cette claſſe, il faut en ſuivre les fleurs dès avant leur épanouiſſement juſqu’à la pleine maturité du fruit, & c’eſt dans cette ſucceſſion qu’on voit des métamorphoſes & un enchaînement de merveilles qui tiennent tout eſprit ſain qui les obſerve, dans une continuelle admiration. Une fleur commode pour ces obſervations eſt celle des Soleils qu’on rencontre fréquemment dans les vignes & dans les jardins. Le Soleil, comme vous voyez, eſt une radiée. La reine-Marguerite, qui dans l’automne fait l’ornement des par-