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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/564

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vre qu’a leur maturité pour les répandre. J’ajoute à ces caracteres qu’un grand nombre de labiées ſont ou des plantes odorantes & aromatiques, telles que l’Origan, la Marjolaine, le Thym, le Serpolet, le Baſilic, la Menthe, l’Hyſope, la Lavande, &c, ou des plantes odorantes & puantes, telles que diverſes eſpeces d’Orties mortes, Staquis, Crapaudines, Marrube ; quelques-unes ſeulement, telles que le Bugle, la Brunelle, la Toque n’ont pas d’odeur : au lieu que les perſonnées ſont pour la plupart des plantes ſans odeur comme la Mufflaude, la Linaire, l’Euphraiſe, la Pédiculaire, la Crête de coq, l’Orobanche, la Cymbalaire, la Velvote, la Digitale ; je ne connois gueres d’odorantes dans cette branche que la Scrophulaire qui ſente & qui pue, ſans être aromatique. Je ne puis gueres vous citer ici que des plantes qui vraiſemblablement ne vous ſont pas connues, mais que peu-à-peu vous apprendrez à connoître, & dont au moins à leur rencontre vous pourrez par vous-même déterminer la famille. Je voudrois même que vous tâchaſſiez d’en déterminer la lignée ou ſection, par la phyſionomie, & que vous vous exerçaſſiez à juger au ſimple coup-d’œil, ſi la fleur en gueule que vous voyez eſt une labiée, ou une perſonnée. La figure extérieure de la corolle peut ſuffire pour vous guider dans ce choix, que vous pourrez vérifier enſuite en ôtant la corolle & regardant au fond du calice ; car ſi vous avez bien jugé, la fleur que vous aurez nommée labiée vous montrera quatre graines nues, & celles que vous aurez nommée perſonnée vous montrera un péricarpe : le contraire vous prouveroit que vous vous êtes trompée, & par un ſecond examen de la même plante