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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/550

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Quand la ſemence eſt tout-à-fait mûre, les valvules s’ouvrent de bas en haut pour lui donner paſſage, & reſtent attachées au ſtigmate par leur partie ſupérieure.

Alors on voit des graines plates & circulaires poſées ſur les deux faces du médiaſtin, & ſi l’on regarde avec ſoin comment elles y tiennent, on trouve que c’eſt par un court pédicule qui attache chaque graine alternativement à droite & à gauche aux ſutures du médiaſtin, c’eſt-à-dire, à ſes deux bords par leſquels il etoit comme couſu avec les valvules avant leur ſéparation.

Je crains ſort, chere Couſine, de vous avoir un peu fatiguée par cette longue deſcription ; mais elle etoit néceſſaire pour vous donner le caractere eſſentiel de la nombreuſe famille des Cruciferes ou Fleurs en croix, laquelle compoſe une claſſe entiere dans preſque tous les ſyſtêmes des Botaniſtes ; & cette deſcription difficile à entendre ici ſans figure, vous deviendra plus claire, j’oſe l’eſpérer, quand vous la ſuivrez avec quelque attention, ayant l’objet ſous les yeux.

Le grand nombre d’eſpeces qui compoſent la famille des Cruciferes, à déterminé les Botaniſtes à la diviſer en deux ſections qui, quant à la fleur, ſont parfaitement ſemblables, mais différent ſenſiblement quant au fruit.

La premiere ſection comprend les Cruciferes à Silique, comme la Giroflée dont je viens de parler, la Julienne, le Creſſon de fontaine, les Choux, les Raves, les Navets, la Moutarde, &c.

La ſeconde ſection comprend les Cruciferes à Silicule, c’eſt-à-dire, dont la ſilique en diminutif eſt extrêmement courte,