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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/546

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titutives d’une fleur parfaite, ſavoir, le calice. Le calice eſt cette partie verte & diviſée communément en cinq folioles, qui ſoutient & embraſſe par le bas la corolle, & qui l’enveloppe toute entiere avant ſon épanouiſſement, comme vous aurez pu le remarquer dans la Roſe. Le calice qui accompagne preſque toutes les autres fleurs manque à la plupart des liliacées, comme la Tulipe, la Jacinthe, le Narciſſe, la Tubéreuſe, &c. & même l’Oignon, le Poireau, l’Ail, qui ſont auſſi de véritables liliacées, quoiqu’elles paroiſſent ſort différentes au premier coup-d’œil. Vous verrez encore que dans toute cette même famille les tiges ſont ſimples & peu rameuſes, tes feuilles entières & jamais découpées ; obſervations qui confirment dans cette famille l’analogie de la fleur & du fruit par celle des autres parties de la plante. Si vous ſuivez ces détails avec quelque attention, & que vous vous les rendiez familiers par des obſervations fréquentes, vous voilà déjà en etat de déterminer par l’inſpection attentive & ſuivie d’une plante, ſi elle eſt ou non de la famille des liliacées, & cela, ſans ſavoir le nom de cette plante. Vous voyez que ce n’eſt plus ici un ſimple travail de la mémoire, mais une étude d’obſervations & de faits, vraiment digne d’un Naturaliſte. Vous ne commencerez pas par dire tout cela à votre fille, & encore moins dans la ſuite quand vous ſerez initiée dans les myſtères de la végétation ; mais vous ne lui développerez par degrés que ce qui peut convenir à ſon âge & à ſon ſexe, en la guidant pour trouver les choſes par elle-même plutôt qu’en les lui apprenant. Bon jour, chere Couſine, ſi tout ce fatras vous convient ; je ſuis à vos ordres.