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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/543

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Nous touchons à l’arrière-ſaiſon, & les plantes dont la ſtructure a le plus de ſimplicité ſont déjà paſſées. D’ailleurs, je vous demande quelque tems pour mettre un peu d’ordre dans vos obſervations. Mais en attendant que le printems nous mette à portée de commencer & de ſuivre le cours de la nature, je vais toujours vous donner quelques mots du vocabulaire à retenir.

Une plante parfaite eſt compoſée de racine, de tige, de branches, de feuilles, de fleurs & de fruits, (car on appelle fruit en Botanique, tant dans les herbes que dans les arbres, toute la fabrique de la ſemence). Vous connoiſſez déjà tout cela, du moins aſſez pour entendre le mot ; mais il y a un partie principale qui demande un plus grand examen ; c’eſt la fructification, c’eſt-à-dire, la fleur & le fruit. Commençons par la fleur, qui vient la premiere. C’eſt dans cette partie que la nature a renfermé le ſommaire de ſon ouvrage ; c’eſt par elle qu’elle le perpétue, & c’eſt auſſi de toutes les parties du végétal la plus éclatante pour l’ordinaire, toujours la moins ſujette aux variations.

Prenez un Lis. Je penſe que vous en trouverez encore aiſément en pleine fleur. Avant qu’il s’ouvre vous voyez à l’extrémité de la tige un bouton oblong verdâtre, qui blanchit à meſure qu’il eſt prêt à s’épanouir ; & quand il eſt tout-à-fait ouvert, vous voyez ſon enveloppe blanche prendre la forme d’un vaſe diviſé en pluſieurs ſegmens. Cette partie enveloppante & colorée qui eſt blanche dans le Lis, s’appelle la corolle, & non pas la fleur comme chez le vulgaire, parce que la fleur eſt un compoſé de pluſieurs parties dort la corolle eſt ſeulement la principale.