Ouvrir le menu principal

Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/437

Cette page n’a pas encore été corrigée


Il s’agit d’enlever de-là cette effigie & de la transporter de propres mains dans votre Mosquée ; là j’y attacherai un arme si fort, qu’elle sera tant qu’on l’y gardera, la sauvegarde de vos portes, & par l’effet d’un nouveau mystere, vous conserverez dans vos murs un empire inexpugnable.

À ces mots le Roi persuadé, court impatient à la maison de Dieu, force les Prêtres, enleva sans respect le chaste simulacre de le porte à ce temple impie où. un culte insensé ne fait qu’irriter le Ciel. C’est-là, c’est dans ce lieu profane & sur cette sainte image, que le magicien murmure ses blasphêmes.

Mais le matin du jour suivant, le gardien du temple immonde ne vit plus l’image où elle étoit la veille, & l’ayant cherchée envain de tous côtés, courut avertir le Roi, qui, ne doutant pas que les Chrétiens ne l’eussent enlevée, en fut transporté de colere.