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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/383

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Clémens, auxquels il joignit Emilius Pacensis, en lui rendant le Tribunat que Galba lui avoit ôté. La flotte fut laissée aux soins d’Oscus affranchi, qu’Othon chargea d’avoir l’œil sur la fidélité des Généraux. A l’égard des Troupes de terre, il mit à leur tête Suétonius Paulinus, Marius Celsus & Annius Gallus. Mais il donna sa plus grande confiance à Licinius Proculus, préfet du prétoire. Cet homme, officier vigilant dans Rome, mais sans expérience à la guerre, blâmant l’autorité de Paulin, la vigueur de Celsus, la maturité de Gallus, tournoit en mal tous les caracteres, &, ce qui n’est pas fort surprenant, l’emportoit ainsi par son adroite méchanceté sur des gens meilleurs & plus modestes que lui.

Environ ce tems-là, Cornelius Dolabella fut relégué dans la ville d’Aquin & gardé moins rigoureusement que surement, sans qu’on eût autre chose à lui reprocher qu’une illustre naissance & l’amitié de Galba. Plusieurs Magistrats & la plupart des Consulaires suivirent Othon par son ordre, plutôt sous le prétexte de l’accompagner que pour partager les soins de la guerre. De ce nombre étoit Lucius Vitellius qui ne fut distingué ni comme ennemi ni comme frere d’un Empereur. C’est alors que les soucis changeant d’objet, nul ordre ne fut exempt de péril ou de crainte. Les premiers du Sénat, chargés d’années & amollis par une longue paix, une noblesse énervée & qui avoit oublié l’usage des armes, des Chevaliers mal exercés, ne faisoient tous que mieux déceler leur frayeur par leurs efforts pour la cacher. Plusieurs, cependant, guerriers à prix d’argent & braves de leurs richesses, étaloient par une imbécille